Du poil dans l’Ovalie #5 : le rugby pour les nuls…

C’est vous qui l’avez cherché ! J’ai reçu bon nombre de DM ou de tweets sur @ludodelaherche m’indiquant que certains de mes live tweets de la coupe du monde étaient proprement compréhensibles … 

C’est fort possible ! Je vais donc de ce pas vous éduquer : bandes d’ignares ! ;)

Pour la base émotionnelle de ce jeu il suffit de lire ici

Pour le reste : on va sortir les schémas …

Voici à quoi ressemble une équipe de rugby en phase défensive:

Pour résumer cette composition : 

Les numéros 1 à 8 ce sont Les GROS: ils poussent, sautent en touche, ont des oreilles invraisemblables, ils perforent. Ce sont tous ceux qui ont été inscrits par leur papa car ils forçaient un peu trop sur le chocolat ou avait un tour de tête qui promettait de voir surgir un jour Schrek en bas de l’escalier du salon.

Les numéros 9 et 10 forment la CHARNIERE: ce sont les traducteurs de l’équipe. Le 9 grogne parfaitement le langage des GROS tandis que le 10 lui sait reconnaître le nom d’un coiffeur en voyant un brushing. Ils font la jonction entre les deux composantes de l’équipe, ils orientent le jeu, ils font craquer les filles mais sont toujours les 1er ronds comme des queues de pelles en 3ème mi-temps

Les numéros 11 à 15 sont les DANSEUSES: les lignes arrières ont pour mission de cavaler, faire des cad’deb’ (cadrage débordements), dévorer les espaces, jaillir dans les intervalles, se faire engueuler par les gros quand ils font un en-avant provoquant donc une mélée, tente de faire la nique à la CHARNIERE auprès des filles (surtout les ailiers), se font engueuler par les gros quand ils dégagent n’importe comment au pied, se font engueuler par le 10 pour les même raisons. Ce sont les funambules de bord de touche pour les 11 et 14 (les ailiers) le perforateur de ligne pour le 12 (pas assez con pour être avec les gros mais pas assez rapide pour déborder) et un fixateur pour le 13 (appelés 1er et deuxième centre)

Le rôle de tout ce beau monde est de jouer ensembles pour marquer des essais.

Et pour marquer des essais il faut passer par des endroits ou aucun adversaire n’est présent en défense

Les Zones de jeux: les INTERVALLES !

Le rugby est un sport de combat collectif d’évitement: on se bat dans le but de trouver un intervalle. C’est à dire une zone de jeu dans laquelle il n’y a personne.

Il existe 5 zones d’intervalles entre des joueurs sur le terrain qui sont représentés ici sur ce même schéma :

Je vais de ce pas vous détailler les enjeux de chaque intervalle :

La zone1: C’est la zone autour des GROS. Mélée, maul debout, tas de joueurs au sol etc… C’est une zone dense qui va jusqu’au pied “interieur” du 10 (sur ce schéma le gauche). C’est la zone de chasse des 3ème lignes ailes qui cherchent à découper du 10. Cette zone est dense car il y a toujours un gros embusqué en défense. C’est une zone dans laquelle on envoi un GROS péter dans la gueule d’un autre gros: s’ils se mettent à deux pour l’arrêter, c’est qu’il y a un décalage qui peut se créer quelque part et donc un intervalle se libérer.

La zone 2 : c’est la zone qui se situe entre 10 et le 12. C’est la zone dans laquelle le 15 peut tenter de venir en surnombre si le 15 adverse est aux fraises (il peut avoir été pris dans un regroupement par exemple ou s’être beaucoup reculé de peur d’un coup de pied. C’est aussi la zone de crochet intérieur des 12 costauds. Ou encore d’un GROS mobile qui a réussi à bouger son cul jusque là.

Ces deux zones sont défendues par les gros, le 10, le 12 et aussi le 9. Une équipe peut décider de “pilonner cette zone avec des gros pour affaiblir le 10 qui, après avoir passé 40 minutes à soulever de la viande, est beaucoup moins lucide pour orienter le jeu au pied ou à la main.

La zone 3: C’est une zone un peu plus lointaine dans laquelle on va souvent essayer de lancer des gros qui sont restés à la traine après une mélée de l’autre côté. Le GROS en question est souvent très heureux d’allez tater des côtes de 12 ou 13 et faire un trou au milieu de la défense adverse. On peut aussi essayer d’y intercaler le 15 si le 15 adverse a trouvé un murier remplit sur le bords de touche (les 15 sont généralement friands de baies diverses et variées).

Les zones 4 et 5: ce sont les zones de débordements, c’est là que les artistes de la chevilles et les danseuses s’expriment. On peut y retrouver le 10 qui, après avoir fait sa passe, cours comme un dingue pour venir créer un surnombre en bout de ligne. C’est aussi l’endroit dans lequel un 11 ou 14 habile va briller en changeant sa course eu dernier moment.

Voila !!!!

Le rugby est une histoire de zones et d’intervalles car jamais personne ne rate un placage au rugby donc, si vous ne créez pas un surnombre, vous faites du sur-place.

Dans mon prochain billet je vous expliquerai pourquoi les blacks ont pilloné les zones 4 et 5 contre les tonga et pourquoi la FRance est si forte en zone 1 !

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